couverture
Les Elles de l’Islam bleu
Nora Mekmouche (textes et propos recueillis)
Catherine Meyer (Photographies)
Samiha Driss (Dessins)
Parution : 29/05/2005
ISBN : 2952381704
Format papier : 168 pages (13,5 x 20,5 cm)
15.00 €
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À travers les récits singuliers de quinze femmes, ce livre propose de rendre chair et vie à des femmes dont l’histoire, mieux les histoires ont été confisquées par les mots assassins des transcripteurs de l’Histoire. Il s’agit non seulement d’exprimer la singularité de chacune, mais de l’exprimer à travers l’écriture, la photographie et le dessin afin de briser le socle uniformisant de cette figure que l’on a érigé trop facilement. Les Elles de l’islam Bleu est ainsi beaucoup plus qu’un ouvrage. Il repose fondamentalement sur la volonté d’apporter une autre lecture à une question dont les mots, femmes, Islam, France d’emblée condamnent, stigmatisent et enferment.
« J’ai toujours pu faire ce que je voulais, m’habiller comme je le voulais et l’État ne m’a jamais obligée à porter le foulard par exemple. Je crois que l’Islam chez nous est vraiment différent, tout d’abord parce que la femme est le chef de la famille. Chez nous, c’est le mari qui vient chez la femme ! L’héritage familial revient aux filles. Les filles restent à la maison car elles sont protégées par les frères et le père. On dit qu’une femme ne peut pas rester dehors, car elle ne peut pas être sans toit ! On dit aussi que la mère est responsable de ses enfants parce que c’est elle qui s’en occupe. Les femmes comoriennes ont plus de droits et sont plus protégées. Un homme ne peut pas répudier sa femme, c’est impossible. C’est lui qui doit partir ! Vu qu’aux Comores, la religion d’État est l’Islam, les mariages civils n’existaient pas. Le mariage était juste religieux, mais aujourd’hui, je crois que c’est différent. Quand il y avait séparation, les mariés se séparaient et voilà ! Aux Comores, il n’y a pas comme en Algérie de Code de la Famille, mais de toute façon, je ne comprends pas cette autorité.

Cela fait 11 ans que je vis en France et peut-être qu’aujourd’hui aux Comores, ce n’est plus pareil. Il y a une génération de musulmans qui a appris un Islam différent et je crois qu’ils veulent changer notre façon de vivre. Ils veulent une religion plus stricte. La religion est en nous parce qu’on y croit, on croit au Prophète et on nous apprend à connaître les prophètes. Dans le Coran, il est dit que les parents doivent apprendre aux enfants à connaître leur religion jusqu’à leur majorité. On sait aussi que la majorité des filles arrive tôt, au moment où elles ont leurs règles, vers 7, 8 ou 9 ans. Je me dis que si les filles peuvent être majeures avant les garçons, comment une femme serait-elle soumise à un homme ? C’est pour ça qu’il faut réfléchir et connaître avant d’affirmer tout et n’importe quoi. Il a fallu attendre longtemps avant que le Coran puisse être traduit. J’ai eu la chance de pouvoir le comprendre dans ma langue. Je dis que c’est une chance car tu peux réfléchir sur le sens des mots. »
Dossier de presse
P.F
Marseille Hebdo , 05/05/2005
C.K
Politis , 21-28 juillet 2005
Quinze femmes ont choisi de se raconter et d’aborder, à travers leur histoire personnelle, la place qu’occupe l’Islam dans leur vie. Safia, Sonia, Zephora et les autres, évoquent leurs origines, leur parcours, les relations souvent fortes et prégnantes qu’elles entretiennent avec leur milieu familial. Au-delà du témoignage oral qui nous est livré de manière spontanée, à la première personne, certaines femmes ont accepté de poser face à l’objectif du photographe (Catherine Meyer) ou de se prêter au jeu du dessin (Samiha Driss). D’autres, comme Safia ou Kheira, ont préféré, elles, ne pas apparaître dans l’œil du viseur. Leur volonté a été respecté sur toute la ligne. Autant de femmes, pour autant de manières d’exprimer un rapport particulier à la religion. Une autre lecture de la France et de l’Islam.
P.F
Marseille Hebdo , 05/05/2005

L’exergue est de Kateb Yacine : « Honneur aux femmes, à leur beauté, à leur courage, à leur travail et à leur juste cause. » Les Elles de l’islam bleu est un livre passionnant, où quinze femmes se racontent, quinze femmes d’aujourd’hui, de tous âges, qui entretiennent chacune un rapport à l’Islam. La plupart sont nées en Algérie et vivent en France depuis longtemps, pas toutes, Fatima est née en France, Halima est comorienne. Les Elles de l’islam bleu n’est pas une enquête sociologique, les femmes qui témoignent le font parce que des affinités se sont crées avec leur interlocutrice, Nora Mekmouche, qui a fondé l’association Cris écrits, éditrice de ce livre. Elles ont aussi accepté de se laisser croquer par une dessinatrice, Samiha Driss ou photographier par Catherine Meyer. De leurs parents, de leurs enfants, de l’Islam (avec celles qui portent le foulard, et celles qui ne veulent surtout pas le porter), des pressions sociales et familiales, ces quinze femmes parlent en liberté, donnant à voir nombre de difficultés accumulés, mais aussi une somme d’espoir. Ce livre est une façon de rencontrer des univers féminins souvent ignorés, méprisés, stigmatisés sans l’instrumentalisation politique que, par exemple, peut en faire Ni putes ni soumises.
Un beau livre.

C.K
Politis , 21-28 juillet 2005
Réalisation : William Dodé